A lire la lettre n du peal 13

Point de vue

 

 

Petit cochon corinne nbOn sait qu’actuellement environ 360 communes, en France, sinon plus, refusent l’installation sur leur territoire du nouveau compteur d’électricité de type « Linky ». Elles avancent que celui-ci porterait atteinte à nos libertés, qu’il serait dangereux pour notre santé. Aussi lorsque l’entreprise de distribution d’électricité, responsable de ce service public délégué par les collectivités locales, frappe aux portes des abonnés pour installer ce fameux compteur, certains édiles estiment qu’il est de leur devoir de les en empêcher. N’y aurait-il pas là une forme de résistance aux monopoles des grands groupes ? Ajoutons aussi le caractère énergivore de ce compteur, contrairement à l’ancien modèle. Il ne s’agit pas ici de dire si nous sommes pour ou contre ce compteur, mais de se demander comment en « bon père de famille » ces maires seraient capables de nous mettre à l’abri de tels risques.

Au quotidien, nombreuses sont les situations où des individus sont victimes d’atteintes à leurs droits et libertés. Prenons l’exemple des caméras de surveillance dont certains magasins sont équipés ou celui des radars qui contrôlent la vitesse des véhicules. Les feux dans les agglomérations indiquent qu’il faut s’arrêter au rouge, pour laisser passer d’autres véhicules, et circuler au vert. Les routes sont facteurs d’accidents corporels, ainsi que les voitures qui sont la cause de pollutions sonores et atmosphériques. Les guichets automatiques des banques scrutent les faits et gestes des consommateurs lorsqu’ils y retirent de l’argent. Les téléphones portables permettent non seulement de connaître l’emplacement de toute personne mais peuvent nuire à la santé des individus. Que dire de l’accès internet, il sait tout comme l’œil de « Big Brother », il peut être une forme d’addiction. Les médias, comme la télévision ou la radio, sont sources d’aliénation. Il faut donc bien admettre que tout le monde se fond dans la masse. Tout comme ces millions de téléspectateurs qui à la mi-temps des matches diffusés se rendent aux toilettes et tirent d’une seule main la chasse. On imagine aisément les conséquences sur le réseau d’eau et le diamètre adéquat qu’il faut prévoir en de telles circonstances. Aussi, les populations ne sont pas à l’abri de tels risques, le compteur Linky n’en est qu’un de plus.

Cependant, bon nombre de ces collectivités, paradoxalement, réclament à cor et à cri le haut, puis le très haut débit, le train à grande vitesse, puis à très grande vitesse. La plupart d’entre elles ne sont pas prêtes à renoncer aux zones d’aménagement urbain et leurs lotissements dédiés ; aux routes, et si cela est possible aux brettelles d’accès à l’autoroute la plus proche. Laquelle d’entre elles ne demande pas une rocade ou une voie de contournement du bourg qui détruira de nouvelles terres agricoles. Laquelle, en définitive, a fait le choix d’une entreprise locale de distribution d’électricité ? Les usagers quant à eux admettent de bonne grâce profiter de ces nouvelles technologies. Ils ne se privent pas de l’accès aux services publics de distribution d’eau potable, de ramassage des ordures ménagères, de diffusion de la radio ou de la télévision. Il leurs semble alors raisonnable d’en subir quelques désagréments.

Il apparaît alors que ces collectivités, plutôt avides d’innovations en tout genres, ont plutôt opté pour une espèce de « propagande à la carte » en contestant cette nouvelle génération de compteur. Et que ces élus « pseudo militants » accueillent par ailleurs sur leurs territoires des antennes relais de télévision et ne se soucient guère des incidences auprès des habitants. Ces derniers seraient-ils prêts à vivre sur un îlot et faire le choix de la sobriété ? On peut sérieusement en douter !

                                                             Corinne Berger

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     Livre                                            
De la crise environnementale 1

De la crise environnementale
à l'instabilité identitaire

La crise environnementale entraîne-t-elle une instabilité des identités culturelles, notamment chez les modernes ? Comment les prises de conscience face aux catastrophes et autres défi s se manifestent-elles ? Comment appréhender la contradiction nette entre, d’une part, les images du progrès, de l’inépuisable, du développement illimité et, d’autre part, les pénuries, les informations dramatiques ?
Sujet sensible, brûlant, polémique, plus particulièrement un thème d’interrogations, de préoccupations, mais aussi de méfi ance et de mise à distance, l’environnement est devenu l’un des symboles indissociables de la société moderne. Pour aborder l’incidence de la crise écologique sur notre identité culturelle, la réfl exion des spécialistes Corinne Berger et Jean-Luc Roques convoque plusieurs sciences humaines et sociales et vient sonder le paradoxe intrinsèque de l’ère moderne. Une étude pluridisciplinaire édifi ante, un cri d’alerte sans équivoque.

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
Rue Principale - 48400 Barre des Cévennes Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte 
le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.

Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique. 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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LETTRE N°23 : 10/09/2017 L'OUÏE ET L'ENVIRONNEMENT