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LETTRE N° 37 : 08/03/2021 - DÉCHETS ET ENVIRONNEMENT

Point de vue 4

Je veux présenter ici mon sentiment par rapport à ce que j’entends dans les médias, avec comme titre à la Robert Louis Stevenson : Mister Covid et Docteur Français, ou Du paradoxe français face à la crise sanitaire.

La France, comme tous les pays du monde, doit affronter une crise épidémique et sanitaire. La conjoncture est d’autant plus inquiétante et déstabilisante que l’on a affaire à un virus de type Corona particulièrement complexe à maîtriser. Face à ces moments plus que délicats, la France fait exception. En effet, tout le monde est médecin ou plutôt épidémiologiste, virologue ou infectiologue, comme tout un chacun est aussi sélectionneur de l’équipe de France de football. Ainsi, la situation actuelle engendre une formidable cacophonie dans laquelle il est particulièrement difficile de se fixer des points de repère stables. Si bien que, au sein d’une large partie de la population, se développe un sentiment d’insécurité, d’incertitude, voire d’angoisse.

Souvent, dans les sociétés démocratiques, on a tendance à oublier que, si les droits fondamentaux sont garantis, un certain nombre de devoirs s’imposent à tous. C’est ce qu’on appelle le civisme. Face à une crise de cette ampleur, la cohésion sociale doit primer et non l’individualisme, hélas inhérent à la mentalité hexagonale. Un sondage Ifop de mars 2020 montrait que 64 % des Français pensaient que le gouvernement gérait mal cette crise. La notion du « faut qu’on, y a qu’à » bat son plein, et tous (hommes ou femmes de l’opposition politique) sont sûrs de posséder la solution idéale et magique pour venir à bout des problèmes. Pour faire oublier leur absence d’arguments ou de solutions constructives, ils ou elles se contentent de mettre en avant les erreurs du gouvernement : l’absence initiale de masques, la mauvaise gestion des tests et la lenteur de la campagne de vaccination. Cependant, quand on y réfléchit, on peut trouver une certaine simplicité dans ce brouhaha médiatique. En effet, comment préserver la santé de la population tout en évitant un désastre économique et social ?

L’autre idée fréquemment rabâchée, en ce moment, est celle de l’infantilisation, avec des assertions comme : « Le gouvernement, le président nous infantilisent. » Docteur Français accepte volontiers les aides de l’État-providence mais en même temps refuse, à quelques exceptions près, d’être solidaire face à la crise. Tout est donc sujet à controverse. Les efforts de l’État sont acceptés, mais chaque décision gouvernementale est critiquée et remise en cause pour ses insuffisances. Ceci illustre assez bien ce paradoxe français : acceptation du soutien de l’État, mais en même temps critique des mesures prises par l’exécutif. Ainsi, à la suite du premier confinement de 2020, des millions de Français sont partis en vacances s’entasser sur les littoraux, en oubliant de manière un peu déraisonnable les mesures sanitaires les plus élémentaires, recommandées pour autant par la communauté scientifique. S’en sont évidemment suivis un confinement partiel, mais aussi un nouveau tollé général et un flot de critiques. Le proverbe de Philippe Néricault, au XVIIIe siècle, ne prend-il pas tout son sens : « La critique est aisée mais l’art est difficile » ?

Cette crise impose à tous plus de responsabilités, plus de solidarité et un peu plus de conscience civique. L’individualisme est une attitude inhérente à notre société mais, en ces temps, ne paraît-il pas plutôt malvenu ? Dans ce contexte délicat, il est évident que nous devrions nous référer à René Descartes qui écrivait au début du Discours de la méthode : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. » Toutefois, on peut craindre que, en matière de comportement humain (français en particulier), il se soit montré un peu trop optimiste.

Pascale Berger

 

 

 

BIENVENUE SUR LE SITE

DE L'ASSOCIATION PEAL

Chargée d’étude :
Corinne Berger
: Juriste

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Nathalie Chabaud :         Psychologue
Yves de Ribaupierre :     Physiologiste
Jean-Luc Roques :         Sociologue
Rémy Roussille :            Occitaniste
Catherine Meyer (USA) : Linguiste

 

        LIVRE        
Le retour des territoires 4

LE RETOUR DES TERRITOIRES…
… et ses paradoxes

La modernité a imposé au monde ses valeurs, ses normes, ses manières de faire, d’agir et de sentir, ainsi que ses croyances et ses mythes. Mais elle a surtout introduit ses contradictions. L’époque contemporaine est sujette à un ensemble de forces antagonistes, dont un des archétypes se retrouve dans le rapport entre globalisation et territorialisation. C’est autour de cette relation entre ces deux axes, en tension permanente, que sera construit ce livre.

Il est remarquable de constater que les deux phénomènes fonctionnent de concert, se nourrissant l’un l’autre. Si l’on postule que la globalisation, qui a été promue en grande partie par la Modernité, impacte tous les domaines, pourquoi existerait-il un retour des territoires de manière plus ou moins nette ? Pour le dire autrement, pourquoi le territoire semble t-il émerger à nouveau dans un monde qui paraît de plus en plus uniforme ?

Pour répondre à cette interrogation, trois hypothèses seront mises en avant afin d’expliquer ce retour vers les territoires, avec pour les individus des contradictions difficiles, voire impossibles à dénouer, agrémentant étonnamment une globalisation toujours plus prégnante.

Jean-Luc Roques est Maître de conférences en sociologie à l’Université de Perpignan Via Domitia. Il est membre du laboratoire C3S (EA 4660) de l’Université de Besançon.

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
9 rue Benjamin Franklin 66000 Perpignan Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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