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A lire la lettre n du peal 2LETTRE N° 44 : 15/12/2022 - PUBLIC ET FICTION

Point de vue

Bien des éléments représentent des objets de convoitise, d’appropriation, engendrant immanquablement des phénomènes de concurrence et de rivalité. Pour leur part, les mers et les océans, qui représentent environ 71 % de la superficie du globe, semblent ne plus échapper à la règle de cet appétit vorace. Toutefois, loin des tensions territoriales maritimes, des combats autour des ressources halieutiques ou des activités d’extraction dans les profondeurs, je prendrai un exemple presque banal, mais dont les conséquences ne sont pas moins redoutables.

La Route du Rhum est une course transatlantique en solitaire entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre qui se déroule tous les quatre ans. Cette année, plus de cent trente bateaux étaient en compétition et environ 15 000 personnes étaient attendues pour cet événement. On sait que le sport est devenu une histoire de gros sous, et l’on s’éloigne de plus en plus de l’adage classique : « L’important, c’est de participer. » Dans notre cas, sponsors, publicitaires, marques diverses et variées, ou boutiques dédiées sont là pour montrer que l’argent est devenu un enjeu central, bien loin des seuls rêves de navigation et de grands espaces. Il serait aisé de prendre comme point d’appui le sport et ses dérives, mais à l’évidence un autre élément, plus équivoque encore, est à mettre en perspective et mérite qu’on s’y arrête.

Une polémique concernant la ligne de départ de cette course commence à émerger. Pour les plaisanciers qui circulent le long de la côte, l’accès reste pour l’instant gratuit. Or il n’en va pas de même pour les armateurs qui commercialisent des sorties et veulent être autorisés à assister à ce départ. En effet, pour ces derniers, l’organisateur de la manifestation, OC Sport, demande un droit de péage de 25 euros par passager, et la préfecture maritime souhaite qu’ils aient un pavillon spécifique. Ainsi, d’un côté, il y a ceux qui pensent que cette taxe est indue, ils convoquent la libre circulation et le « bien commun » de l’océan. En attendant, ils profitent de cette manne financière pour promouvoir leurs activités lucratives. Ici, le bien commun semble avoir bon dos. De son côté, l’organisateur protège son exploitation commerciale de la course. Il invoque sa responsabilité et toutes les contraintes relevant de la logistique ou de la sécurité. Mais, via ce « péage », il s’approprie de fait pendant un laps de temps une zone maritime. Le constat paraît simple. Tout tourne une fois de plus autour des sacro-saints bénéfices qui peuvent être réalisés. La compétition économique apparaît dès lors encore plus féroce qu’entre les divers participants. Toutefois, pour que cela fonctionne et pour en arriver paradoxalement à ce que quelques-uns s’approprient et privatisent la mer pour leurs seuls intérêts, il faut qu’il y ait du public (spectateurs et consommateurs). À défaut, et si personne ne cautionnait ce type de manifestation, peut-être que la mer retrouverait sa valeur authentique de « bien commun »…

On sait que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis l’époque où, en droit romain, la mer et ses rivages étaient considérés comme des choses communes. Plus nettement, ils ne pouvaient faire l’objet d’une appropriation. Ils restaient hors du commerce et de l’argent. Tout cela semble de nos jours disparaître et même s’inverser radicalement. Pour ce qui est des rivages, on peut admettre que la messe est dite. En quelques décennies, ils ont été urbanisés, goudronnés et bétonnés. Plus crûment, ils ont été en grande partie massacrés (à grands coups de dérogations) et continuent de l’être (voir la Lettre ci-jointe). Il ne restait plus dès lors qu’à s’approprier la mer elle-même. Tout indique que nous nous dirigeons bien dans cette voie.

 

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DE L'ASSOCIATION
PEAL

Chargée d’étude :
Corinne Berger
: Juriste

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Nathalie Chabaud :         Psychologue
Yves de Ribaupierre :     Physiologiste
Jean-Luc Roques :         Sociologue
Rémy Roussille :            Occitaniste
Catherine Meyer (USA) : Linguiste

 

        LIVRE       

Dans l ombre de la ruralite 2  DANS L'OMBRE DE LA RURALITÉ 
  … Entre mélancolie et résistance  


Corinne Berger, Jean-Luc Roques

Cet ouvrage traite d’un objet souvent oublié, celui des petites communes rurales isolées. Comment ces entités vivent-elles les bouleversements contemporains ? Afin d’en comprendre la dynamique, l’étude s’appuie sur des entretiens réalisés auprès de secrétaires de mairie qui ne sont pas originaires des lieux. Si, au début de leurs expériences, elles découvrent des paysages, des ambiances, des solidarités entre les habitants, assez vite, d’autres réalités s’offrent à elles. La communauté villageoise se heurte à des difficultés tant dans la vie quotidienne que dans la gestion communale. Le malaise s’installe et a des conséquences sur les relations sociales. Toutefois, afin de dépasser ces problèmes, les acteurs locaux ont recours à des pratiques particulières, comme des mises à distance, ainsi qu’à des formes de complaisance ou d’arrangements afin de conserver le pouvoir sur les lieux. Dès lors, ces communes tentent de résister, mais au prix de distorsions juridiques, morales et sociales.

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
9 rue Benjamin Franklin 66000 Perpignan Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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