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LETTRE N° 36 : 6/12/2020 - MÉMOIRE ET ENVIRONNEMENT

Point de vue 4

Lors des élections municipales de 2020, j’ai demandé à une personne pour qui elle allait voter. Sans détour, elle m’a dit qu’elle allait donner sa voix à « untel » et a ajouté avec une certaine franchise : « Mais tout le monde sait que c’est un menteur. » Cette affirmation surprenante ne renvoie pourtant en rien à un électeur isolé. En effet, un sondage Ipsos montrait que, sur un ensemble de catégories, les hommes politiques étaient les plus soupçonnés de mentir. Les escrocs les plus habiles et redoutables ne sont-ils pas ceux qui parviennent à camoufler leurs ruses derrière un masque d’humanisme, de sympathie et d’honnêteté ? Si, par définition, le mensonge est un discours contraire à la vérité, dont le dessein est de tromper, pourquoi alors donner sa voix à ce candidat ?

Le serpent kaa

Le menteur est celui qui persuade l’autre de sa sincérité. Dans une partie de poker, ce sont les meilleurs joueurs qui savent duper l’adversaire. Mais, dans le jeu démocratique, est-il permis de tromper l’électorat ? La force de persuasion d’un seul, même s’il ment, peut faire varier les opinions des autres. Le menteur par ruse peut faire rêver l’électeur. Il recourt à des procédés pour, comme écrivait Machiavel, « endormir la cervelle des gens », avec des mots tels que solidarité, bien-vivre ensemble, égalité ou fraternité. Ainsi, il agit comme le serpent Kaa, du Livre de la jungle, qui dit à Mowgli : « Aie confiance, crois en moi… »

En définitive, notre électeur, en donnant sa voix, cautionne un type de comportement fondé sur des inventions, de fausses idées ou toutes sortes de calomnies infondées. Ainsi, à offrir une forme de légitimité aux mensonges, aux fourberies, aux tricheries, nous en arrivons à des situations dramatiques. Le 5 février 2003, Colin Powell, au siège de l’ONU, alors secrétaire d’État américain nommé par un président élu, expliquait : « Il ne fait aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques […]. Nous avons une description de première main. » Or ce type de mystification ne fait à son tour que gangrener, par effet boule de neige, tout le reste. L’industrie du tabac falsifie les données sur la nocivité de son produit. Les entreprises d’extraction des ressources naturelles, avec l’aval des « climato-sceptiques », travestissent régulièrement la véracité de faits concernant les pollutions ou le réchauffement climatique.

Pour revenir à notre électeur, il faut pourtant envisager autre chose. Celui-ci se soucie-t-il vraiment des promesses, des projets, des intentions liés à la campagne de son candidat ? Se pose-t-il véritablement la question de son intégrité ou de son honnêteté ? Peut-être notre électeur envisage-t-il de voter pour tel candidat, car il espère à l’issue de l’élection en tirer des avantages personnels pour lui ou ses proches. D’ailleurs, les associations ou les entreprises vassales, qui gravitent dans cet univers, en connaissent bien les rouages. Dès lors, le clientélisme est en grande partie fondé sur un principe de dupe : « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette. » Voilà malheureusement une logique qui ne surprend plus personne, ni l’électeur ni le menteur lui-même.

Dans toute cette histoire, on peut remarquer que les menteurs eux-mêmes sont amenés à croire à leurs menteries. Par effet d’entraînement, le mensonge ne devient-il pas inséparable du pouvoir et de la puissance ? Toutefois, on peut se demander si, dans notre démocratie représentative, tout le monde ne marche pas dans la même combine. D’ailleurs, tout le monde attend avec impatience les élections afin non pas de défendre le bien commun, mais d’en tirer quelques petits bénéfices et arrangements privés. Dans ces conditions, que faut-il alors condamner, le mensonge en tant que tel ou une élection qui stimule le mensonge ? Surtout, n’allez pas me croire !

Corinne Berger

BIENVENUE SUR LE SITE

DE L'ASSOCIATION PEAL

Chargée d’étude :
Corinne Berger
: Juriste

04 image intro

Nathalie Chabaud :         Psychologue
Yves de Ribaupierre :     Physiologiste
Jean-Luc Roques :         Sociologue
Rémy Roussille :            Occitaniste
Catherine Meyer (USA) : Linguiste

 

        LIVRE       
Pourquoi rester venir revenir en ville 1

POURQUOI RESTER,
VENIR OU REVENIR

DANS DE PETITES VILLES.

Malgré des images fantomatiques et contradictoires qui collent à la peau des petites villes, pourquoi des habitants y restent et pourquoi d’autres viennent s’y installer ou y reviennent ? Une première idée est d’admettre que les individus sont à la recherche de prix de terrains ou de loyers moins onéreux et d’une certaine qualité de vie. La seconde idée est d’envisager que ceux-ci cherchent un espace sécuritaire. Ils resteraient ou viendraient afin de conserver ou de trouver un lieu de protection, loin des affres des grandes villes et du sentiment d’insécurité qui en découle.
Si ces deux hypothèses semblent valides, ce livre envisage d’en proposer une autre. Les petites villes auraient une image particulière qui est inscrite dans la conscience collective, et se perpétue inlassablement à travers l’histoire. Elles renverraient à un monde à part fortement valorisé avec ses interactions quotidiennes, ses liens de proximité, mais surtout symboliseraient un espace « commun ». Le problème est que ce refuge est fragile tant les dynamiques sociales ne correspondent pas nécessairement à ces représentations, puisque chacun donne une définition différente de ce qui peut être « commun ». Entre l’idéal et la réalité, l’écart va engendrer dès lors des expériences et des attitudes bien diverses.

 

Jean-Luc Roques est sociologue, maître de conférences à l’université de Perpignan Via Domitia. Chercheur au laboratoire C3S (EA 4660), ses travaux portent sur les dynamiques territoriales et leurs infl uences sur les acteurs locaux. Il a publié notamment. La petite ville et ses jeunes (2004), Inclusion et exclusion dans les petites villes (2007), La fi n des petites villes (2009), Une sociologie de la petite ville (2012), Les antinomies du localisme : le cas des petites villes (2015).

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
9 rue Benjamin Franklin 66000 Perpignan Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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