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 LETTRE N° 49 : 15/03/2024   FÊTES, RENTABILITÉ ET CONSÉQUENCES ENVIRONNEMENTALES

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Point de vue

Le dernier rapport de l’OMT (Organisation mondiale du tourisme, devenue ONU Tourisme) de janvier 2024 montrait que les recettes du tourisme international avaient atteint environ 1 400 milliards de dollars en 2023. Ce secteur revenait donc de loin après la pandémie de Covid. Le secrétaire général, Zurab Pololikashvili, s’en félicitait et soulignait qu’il y avait là des « effets importants sur les économies, l’emploi, la croissance et les débouchés pour les populations partout dans le monde ». Les perspectives pour 2024 semblent encore meilleures, et « l’Europe devrait se placer encore en tête » cette année. Ainsi, dans un monde où tout est centré sur l’argent, le commerce et surtout les profits, de telles données ne peuvent qu’aiguiser des convoitises et des envies.

Le cas de la marchandisation des territoires par nos édiles, des grandes métropoles jusqu’aux bourgs, semble dès lors assez significatif. Lorgnant du côté de cette manne, ils se mobilisent afin d’arriver à récupérer quelques ressources, aussi minimes soient-elles. Pour cela, ils ne manquent pas de transformer les territoires qu’ils administrent en marques commerciales, à coups de slogans publicitaires à tout rompre. Prenons quelques exemples étonnants. Pour les départements de l’Aisne et de la Sarthe, le premier est It’s Open, le second Me Up. La région des Hauts-de-France est fière d’être Generous by nature. Enfin, Canet-en-Roussillon devient la French Catalane. En France pourtant, la loi Toubon de 1994 n’interdisait pas les langues étrangères dans les messages publicitaires, mais imposait que leurs traductions soient compréhensibles. Tout cela est bien surprenant. Or ce qui est en jeu ici est cette mise sur le marché d’espaces entiers, sans vraiment qu’on s’intéresse ni aux habitants ni à l’environnement, malgré les images systématiquement invoquées de défense de la nature, du patrimoine et du bien-vivre ensemble.

Mais alors, les résultats économiques, attendus ou réels, ne camouflent-ils pas, comme bien souvent de nos jours, d’autres problèmes ? Lorsqu’on regarde de près les travaux sur ce thème, les contrecoups ne sont pas si optimistes. Tout d’abord, le fait de se centrer essentiellement sur le tourisme fait péricliter d’autres secteurs. Ensuite, et de façon assez générale, sous couvert de spécificité, les offres locales sont très souvent standardisées. De plus, si le mal-être des habitants peut être profond (il suffit de regarder du côté des manifestations locales sporadiques), l’augmentation du prix des loyers entraîne la mise à l’écart des populations les plus fragiles. Enfin, si l’on se centre sur les effets environnementaux, le tourisme représente 5 % des EGES (émissions de gaz à effet de serre), sans compter l’augmentation de la consommation en eau dans des lieux parfois en tension. Comme le résumait le sociologue Bernard Duterme : « Les effets d’éviction d’activités sociales et économiques vitales, au profit de petits boulots de “service” aux vacanciers, les poussées inflationnistes en chaîne, la pression sur les ressources, les accaparements privatifs, la “gentrification” […], qui rendent progressivement impossible l’accès des autochtones au logement, à la terre, à l’électricité, à l’eau, à l’alimentation […] dans les zones “mises en tourisme”, dans les régions “touristifiées” » sont dès lors préjudiciables. Ainsi, de la même manière que la monoculture dans le domaine agricole a engendré l’épuisement des sols, la diminution de la diversité, la vulnérabilité et la fragilité, la monoculture touristique va tout aussi bien entraîner ces territoires vers des abîmes

Mais de tout cela, les édiles locaux se moquent certainement et, dans leur logique de pure marchandisation, leur seule proposition sera, lors de réceptions fastueuses, de donner à leur espace une appellation qui n’aura en définitive de sens que pour eux seuls.

 

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DE L'ASSOCIATION
PEAL

Chargée d’étude :
Corinne Berger
: Juriste

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Nathalie Chabaud :         Psychologue
Yves de Ribaupierre :     Physiologiste
Jean-Luc Roques :         Sociologue
Rémy Roussille :            Occitaniste
Catherine Meyer (USA) : Linguiste

 

              NOUVEAU  LIVRE          

L appropriation de l air couverture 1Corinne Berger, Jean-Luc Roques

  L'APPROPRIATION DE L'AIR 
 …Ses causes et ses conséquences 

Préface de François Féral

Est-il possible de s’approprier l’air ? En répondant par l’affirmative à cette question, ce livre montre comment se concrétise une telle captation.
Les données indiquent que l’air est malmené. Le monde reste en attente, alors que la situation est dramatique. Quelles sont alors les conséquences d’une telle inertie ?
D’abord, en insistant sur sa rareté, l’air est transformé en objet marchand. Il devient objet de convoitise, pour les marchés boursiers, les industries. La phobie du mauvais air implique aussi de s’en protéger. L’air sain devient source d’accaparement commercial, à travers la publicité. Mais, il ne faut pas omettre la récupération qu’en font les doctrines identitaires.
L’air, ainsi dégradé, génère des phénomènes d’appropriation qui ne présagent rien de bon pour l’avenir.

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
9 rue Benjamin Franklin 66000 Perpignan Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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LA LETTRE N°50

FÊTES, TEMPORALITÉS ET ENVIRONNEMENT

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