A lire la lettre n du peal 2 
LETTRE N° 30 : 01/06/2019 - RELIGION ET « NATURE »

Point de vue 4

 

Virus argent 1

 

Point On peut chercher à comprendre le monde en suivant divers chemins. Un de ces chemins est celui des analogies. Certes, il n’a pas la rigueur des déductions logicomathématiques ni la poésie des écritures romantiques, mais il est facile à parcourir et peut être source d’inspiration. La rêverie qui suit utilisera donc l’analogie. Je prendrai comme base l’image du virus et l’appliquerai tout d’abord à deux domaines, la biologie et l’informatique. Pour terminer, je me demanderai s’il n’y aurait pas un virus particulier qui infecterait les sociétés contemporaines et produirait des effets délétères sur notre environnement.

Partons des premiers virus découverts. Ce sont de petites structures d’ADN enfermées dans des cages de protéines. Ces structures sont trop simples et ne sont pas capables de se reproduire. Elles ne sont pas considérées comme vivantes. L’histoire d’un virus bactériophage ressemble à un module lunaire en miniature avec ses six pattes. Après avoir trouvé une bactérie à son goût, il se fixe à sa surface, puis lui injecte son filament d’ADN en pliant les genoux. Dès lors, la bactérie se met à multiplier ce fragment d’ADN ainsi que la cage protéique. Quand la cellule est remplie de ces réplications de virus, la bactérie explose. Ainsi, une structure non vivante réquisitionne des cellules d’animaux ou de plantes pour assurer sa reproduction. Pour pallier le problème, les biologistes ont inventé des remèdes qui permettent aux individus de lutter contre les infections virales. Ce premier exemple indique qu’il est possible de se débarrasser de certaines maladies en utilisant des vaccins.

Venons-en maintenant au cas de l’informatique. Les informaticiens ont rapidement découvert que des amateurs de sabotage de programmes utilisaient des petites séquences qu’ils ajoutaient aux fichiers transférés, que l’ordinateur recopiait alors de multiples fois. Ces séquences sont d’ailleurs analogues aux virus précédents. On a donné le non de « virus informatique » à ces programmes. Si les informaticiens n’ont pas pu inventer des vaccins, ils ont élaboré des détecteurs de virus qui bloquent le transfert du fichier contaminé. Ce deuxième exemple montre ici que les hackers sont bloqués dans leurs démarches grâce à des systèmes performants.

S’agissant du dernier exemple, et par analogie, l’argent ne serait-il pas une maladie grave de notre société ? Disons qu’il existe sous différentes formes, comme les billets, les actions, les obligations, les suites numériques dans les mémoires des banques. Toutefois, il reste amorphe et n’est pas vivant. Il devra pour circuler être injecté dans un établissement bancaire, afin que celui-ci puisse l’utiliser à son tour et qu’il finisse par se multiplier. Ainsi, l’argent ne ressemblerait-il pas à un virus ? En effet, il fait travailler les autres pour se reproduire. Le problème est que nos systèmes capitalistes considèrent l’argent comme un bien et qu’il facilite les échanges. Or ils ne voient pas que cette monnaie infecte la société, déstructure les valeurs d’égalité et de fraternité entre ses membres, détruit le tissu vivant que sont les forêts et les océans, qu’elle stérilise la terre, empoisonne son atmosphère et conduit inexorablement au réchauffement climatique et à la disparition de la diversité de la vie. Le souci est que personne n’a encore été capable d’inventer quelque chose contre le caractère viral de l’argent.

En fin de compte, le « capital mondial » gonfle exponentiellement sans jamais cesser de se reproduire. Ne pourrait-on pas alors terminer par une dernière analogie qui est celle de la mauvaise graisse ? On sait que cette dernière déforme, rend malade et invalide. Pour nos sociétés, ne pourrait-on pas élaborer, comme nous le faisons pour les obèses, un régime amaigrissant ?

Yves de Ribaupierre

BIENVENUE SUR LE SITE

DE L'ASSOCIATION PEAL

Chargée d’étude :
Corinne Berger
: Juriste

04 image intro

Nathalie Chabaud :     Psychologue
Yves de Ribaupierre : Physiologiste
Jean-Luc Roques :     Sociologue
Rémy Roussille :        Occitaniste

 

        LIVRE       
Pourquoi rester venir revenir en ville 1

POURQUOI RESTER,
VENIR OU REVENIR

DANS DE PETITES VILLES.

Malgré des images fantomatiques et contradictoires qui collent à la peau des petites villes, pourquoi des habitants y restent et pourquoi d’autres viennent s’y installer ou y reviennent ? Une première idée est d’admettre que les individus sont à la recherche de prix de terrains ou de loyers moins onéreux et d’une certaine qualité de vie. La seconde idée est d’envisager que ceux-ci cherchent un espace sécuritaire. Ils resteraient ou viendraient afin de conserver ou de trouver un lieu de protection, loin des affres des grandes villes et du sentiment d’insécurité qui en découle.
Si ces deux hypothèses semblent valides, ce livre envisage d’en proposer une autre. Les petites villes auraient une image particulière qui est inscrite dans la conscience collective, et se perpétue inlassablement à travers l’histoire. Elles renverraient à un monde à part fortement valorisé avec ses interactions quotidiennes, ses liens de proximité, mais surtout symboliseraient un espace « commun ». Le problème est que ce refuge est fragile tant les dynamiques sociales ne correspondent pas nécessairement à ces représentations, puisque chacun donne une définition différente de ce qui peut être « commun ». Entre l’idéal et la réalité, l’écart va engendrer dès lors des expériences et des attitudes bien diverses.

 

Jean-Luc Roques est sociologue, maître de conférences à l’université de Perpignan Via Domitia. Chercheur au laboratoire C3S (EA 4660), ses travaux portent sur les dynamiques territoriales et leurs infl uences sur les acteurs locaux. Il a publié notamment. La petite ville et ses jeunes (2004), Inclusion et exclusion dans les petites villes (2007), La fi n des petites villes (2009), Une sociologie de la petite ville (2012), Les antinomies du localisme : le cas des petites villes (2015).

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
Rue Principale - 48400 Barre des Cévennes Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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