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LETTRE N° 48 : 15/12/2023 - EXEMPLARITÉ ET ENVIRONNEMENT

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Point de vue

En consultant les informations de l’AFP, j’ai retenu une phrase du gouverneur de Floride Ron DeSantis, futur candidat aux élections présidentielles des USA. Celui-ci affirmait en mai 2023 : « Je m’engage à être un dirigeant énergique qui s’attaquera aux questions importantes. » Il serait amusant de tourner cette phrase à l’envers. Il aurait pu dire qu’il ne s’engagerait d’aucune manière et ne se chargerait que de questions insignifiantes. A contrario, en France, on prétend se défendre de ce style de raisonnement, et les femmes ou les hommes politiques de tous bords préfèrent le « parler vrai ». Prenons l’exemple de cet élu français qui, en juin 2023, expliquait sa position dans un journal régional de la façon suivante : « Nous avons fait le choix de nous positionner dans le seul cadre de l’intérêt de la population, loin de l’opposition stérile. C’est la raison pour laquelle nous accompagnerons favorablement les mesures qui nous semblent aller dans le bon sens. » Une fois encore, on aurait été assez surpris s’il avait admis qu’il ne se positionnerait que dans son seul intérêt et ne prendrait que des mesures allant dans le mauvais sens.

Cela dit, toutes ces déclarations ne sont-elles pas bien calculées ? Elles ne portent préjudice à personne, restent simples et a priori accessibles à tout un chacun. On peut dire que ce type de langage ne relève pas d’une espèce de langue sibylline ou obscure. Ou alors il faudrait admettre que son sens ultime en resterait caché, et ces phrases ne seraient destinées qu’à la compréhension, au décryptage de quelques adeptes ou disciples admis dans le secret. Pourquoi pas ? Ou alors il s’agirait d’une langue subliminale, qui serait codifiée par quelques officines de publicité et de communication. Dans ce cas, l’objectif ultime serait de vendre une simple image. Pour preuve, lors du grand-marché-des-élections, la foule se presse aux urnes. À tout cela, on pourrait adjoindre bien d’autres possibilités. En réalité, les phrases citées sonnent assez creux, et celui ou celle qui serait un tout petit peu attentif et loin d’être dupe n’y verrait bien évidemment qu’un langage de propagande. En d’autres termes, un langage correctement ciblé pour une opinion publique avide de mots ou de sentiments plaisants.

On pourrait finalement traduire ces positionnements par ce que l’on nomme couramment la « langue de bois ». Cependant, dans les exemples précédents, aucun ne renvoie ni à l’idéologie d’un organe officiel ni à une quelconque forme d’endoctrinement d’État. En définitive, je pencherais plutôt vers ce que François-Bernard Huyghe appelait la « langue de coton ». Sans reprendre l’ensemble de ses arguments, celle-ci est construite sur des messages vagues, mais qui sont avant tout ouatés. Si le principe reste toujours d’influencer les populations, l’important est surtout de les endormir, de les amollir et de ne pas les fâcher. Le proverbe « qui dort dîne » est dès lors remplacé par « qui dîne dort ». L’auditoire est ainsi anesthésié pour deux raisons. L’une permet au personnel politique de se protéger et d’éviter ainsi que d’autres ne prennent la parole, que cela soit au niveau national ou local. Attitude cependant très surprenante dans une démocratie. L’autre raison est là pour faire ingurgiter des formules vides, comme par exemple « bien vivre ensemble ». Ou alors pour faire passer des slogans ineptes, comme dans le cas de la sécheresse, lorsque le journal d’un conseil régional titrait : L’eau : il est urgent d’agir, alors que le problème est prégnant et récurrent depuis des décennies.

Mais il y a alors un souci. À force d’émettre des formulations insipides, le risque n’est-il pas de laisser le champ libre aux pires argumentaires ?

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DE L'ASSOCIATION
PEAL

Chargée d’étude :
Corinne Berger
: Juriste

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Nathalie Chabaud :         Psychologue
Yves de Ribaupierre :     Physiologiste
Jean-Luc Roques :         Sociologue
Rémy Roussille :            Occitaniste
Catherine Meyer (USA) : Linguiste

 

              NOUVEAU  LIVRE          

L appropriation de l air couverture 1Corinne Berger, Jean-Luc Roques

  L'APPROPRIATION DE L'AIR 
 …Ses causes et ses conséquences 

Préface de François Féral

Est-il possible de s’approprier l’air ? En répondant par l’affirmative à cette question, ce livre montre comment se concrétise une telle captation.
Les données indiquent que l’air est malmené. Le monde reste en attente, alors que la situation est dramatique. Quelles sont alors les conséquences d’une telle inertie ?
D’abord, en insistant sur sa rareté, l’air est transformé en objet marchand. Il devient objet de convoitise, pour les marchés boursiers, les industries. La phobie du mauvais air implique aussi de s’en protéger. L’air sain devient source d’accaparement commercial, à travers la publicité. Mais, il ne faut pas omettre la récupération qu’en font les doctrines identitaires.
L’air, ainsi dégradé, génère des phénomènes d’appropriation qui ne présagent rien de bon pour l’avenir.

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
9 rue Benjamin Franklin 66000 Perpignan Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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