A lire la lettre n du peal 
LETTRE N° 31 : 17/08/2019 - RELIGION ET « SACRIFICE »

Point de vue 4

Angle mort velo

Entre mars 2018 et avril 2019, 191 cyclistes ont été tués sur les routes de France. Choisir de devenir une personne qui fait du vélo1, plutôt que de s’essayer à être cycliste, comporte une assurance de relative pacification avec la gent automobile. L’hommauto2 ne tolère que peu ou pas la lenteur. Obsédé par la pole position, sa propension au partage de la chaussée faiblit à chaque changement de vitesse et est inversement proportionnelle aux coups d’accélérateur. Souvent, les aménagements routiers ne l’incitent pas à freiner ses égocentriques comportements, il ne peut attendre obstinément, impatient derrière un deux-roues non motorisé à l’intersection annoncée. Les ralentisseurs devraient le modérer, donc lui éviter de doubler systématiquement un moins véloce, inciter sa raison à économiser son précieux carburant car, du freinage à la reprise, la civilité chute et l’enfumage prévaut tant que ronfle sous le capot la bête.

Lors d’un conflit entre homme à vélo et hommauto, l’aide d’un commerçant au plus près de sa boutique est acquise à ce dernier. L’aidant désertera son officine à la fois pour sermonner l’inconscient à vélo de mettre en danger son si petit corps sans armure, susceptible d’être percuté par un rétroviseur, fracassant son coude, ses côtes, couronnant son genou sur des cailloux bitumés, et pour qualifier le suspect d’irresponsable, enclin à la désobéissance, de presque rebelle, et surtout d’irrespectueux du code de la route. L’inconscient rouleur sur selle est suspecté parfois d’attentat à la pudeur par son accoutrement pittoresque sans carrosserie. Adepte de la rue sans monoxyde d’azote et autres molécules odoriférantes, très mauvais animateur, casseur d’ambiance sonore indispensable à l’évitement du silence de mort... parano, le cycliste peut le devenir.

Le vieil automobiliste peut rouler à l’anglaise, ne laissant que peu de chance au vélo, quand il aborde une chaussée rétrécie pour le franchissement d’un cours d’eau. Un pont ! Le jeune ne se la joue pas rogatons. Il a eu du goût pour embellir sa cylindrée – je passe les détails que je n’ai pas eu l’occasion d’apercevoir – d’un capot à damier. Partez, fuyez la ville en de belles espérances de courses effrénées avec le temps, celui-ci météorologique. Inconcevable de salir cette poubelle, alors évitons les flaques d’eau et leurs éclaboussures fangeuses, et cueillons ce deux-roues que je ne saurais voir.

La personne qui fait du vélo doit garder son humour, donc son futur sang-froid. Elle doit être très visible, et le mieux en couleur, c’est le jaune. Elle est militante, auprès de la jeunesse qui aime les couleurs sombres, entre chien et loup sans lumières, casquée d’écouteurs3 et basta ! Des mouvements citoyens se sont organisés et créent des événements festifs afin de dénoncer le danger de ceux qui par nécessité écologique souhaitent que des structures fiables pour les deux-roues soient créées4, mais loin d’être la priorité, leurs éventuelles réalisations ne sont que mesurettes pour bonne conscience. La bicyclette doit être avant tout un art de vivre, qui refuse de se cantonner au loisir et au sport, pour ceux qui feraient l’effort d’aller au travail avec celle-ci5, contrairement à ce jeune employé de banque qui, habitant à moins d’un kilomètre de son lieu de travail, ne peut accueillir le client « tout auréolé de transpiration et puant ». L’Hommauto est indéboulonnable !

Rémy Roussille

1. Mouvement citoyen militant pacifiste de Seattle.

2. Bernard Charbonneau, L’Hommauto, Paris, Denoël, 1967, rééd. 2003.

3. L’amende pour port d’écouteurs à vélo est de 135 euros.

4. Copenhague possède plus de 400 kilomètres de pistes cyclables, et deux habitants sur trois n’ont pas de voiture.

5. Mesures gouvernementales, réductions d’impôts pour les employeurs, et primes pour les employés ? À suivre...

 

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DE L'ASSOCIATION PEAL

Chargée d’étude :
Corinne Berger
: Juriste

04 image intro

Nathalie Chabaud :     Psychologue
Yves de Ribaupierre : Physiologiste
Jean-Luc Roques :     Sociologue
Rémy Roussille :        Occitaniste

 

        LIVRE       
Pourquoi rester venir revenir en ville 1

POURQUOI RESTER,
VENIR OU REVENIR

DANS DE PETITES VILLES.

Malgré des images fantomatiques et contradictoires qui collent à la peau des petites villes, pourquoi des habitants y restent et pourquoi d’autres viennent s’y installer ou y reviennent ? Une première idée est d’admettre que les individus sont à la recherche de prix de terrains ou de loyers moins onéreux et d’une certaine qualité de vie. La seconde idée est d’envisager que ceux-ci cherchent un espace sécuritaire. Ils resteraient ou viendraient afin de conserver ou de trouver un lieu de protection, loin des affres des grandes villes et du sentiment d’insécurité qui en découle.
Si ces deux hypothèses semblent valides, ce livre envisage d’en proposer une autre. Les petites villes auraient une image particulière qui est inscrite dans la conscience collective, et se perpétue inlassablement à travers l’histoire. Elles renverraient à un monde à part fortement valorisé avec ses interactions quotidiennes, ses liens de proximité, mais surtout symboliseraient un espace « commun ». Le problème est que ce refuge est fragile tant les dynamiques sociales ne correspondent pas nécessairement à ces représentations, puisque chacun donne une définition différente de ce qui peut être « commun ». Entre l’idéal et la réalité, l’écart va engendrer dès lors des expériences et des attitudes bien diverses.

 

Jean-Luc Roques est sociologue, maître de conférences à l’université de Perpignan Via Domitia. Chercheur au laboratoire C3S (EA 4660), ses travaux portent sur les dynamiques territoriales et leurs infl uences sur les acteurs locaux. Il a publié notamment. La petite ville et ses jeunes (2004), Inclusion et exclusion dans les petites villes (2007), La fi n des petites villes (2009), Une sociologie de la petite ville (2012), Les antinomies du localisme : le cas des petites villes (2015).

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
Rue Principale - 48400 Barre des Cévennes Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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