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A lire la lettre n du pealLETTRE N° 43 : 15/09/2022 - DÉLÉGATIONS ET FICTION

Point de vue

Une chanson enfantine, qui a été reprise de multiples manières, raconte la chose suivante : « Au feu les pompiers, la maison qui brûle. Au feu les pompiers, la maison brûlée. » Elle se poursuit par : « C’est pas moi qui l’ai brûlée, c’est[toujours quelqu’un d’autre]. » Puis ce refrain peut continuer. En d’autres termes, ce n’est pas de mon fait, ce n’est pas de ma faute si la maison brûle. Mais en quoi cette comptine pourrait-elle faire actuellement office de métaphore ?

On sait que la maison est en train de brûler de toutes parts. En 1998, Michael Mann a construit une courbe qu’il a appelée « crosse de hockey ». Grâce à celle-ci, il a mis en évidence l’évolution de la température de l’atmosphère. De l’an mil à 1900, il y a eu une relative stabilité de la température, avec quelques oscillations. Des réchauffements ponctuels, aux ixe et XIIIe siècles, et de petites ères glaciaires, aux XIVe, XVIe et XIXe siècles, ont eu lieu et duré quelques années. Cependant, une augmentation brutale est apparue à partir du début du XXe siècle, avec une hausse encore plus sensible au tournant des années 1980. Depuis le début des années 2000, le processus s’accélère, avec des vagues de chaleur qui ne cessent de s’accentuer chaque année, pour en arriver à celle de 2022. Les corollaires sont les incendies, la sécheresse et la pollution atmosphérique, sans parler des problèmes de santé, puis des inondations et des crues.

Puisqu’on subit de grosses chaleurs, on tente logiquement de s’en prémunir. Mais, de manière moins raisonnable, on en appelle plutôt aux brumisateurs, aux ventilateurs, aux rafraîchisseurs d’air ou aux climatiseurs. Le souci est que le phénomène ne peut que s’amplifier. Ainsi, au lieu de modifier substantiellement les modes de vie, on ne fait que renforcer le problème. Lorsqu’on prend simplement le cas des climatiseurs, on entrevoit toute l’absurdité du problème. Au début du xxe siècle, l’invention de la climatisation a suscité immédiatement l’engouement, tout d’abord dans les cinémas qui en ont fait la promotion, puis dans les magasins, les entreprises et chez les particuliers. Du fait des excès de chaleur, l’utilisation de la climatisation n’a fait que progresser. Depuis la vague de chaleur de 2003, l’Espagne, qui pourtant a toujours été habituée à se prémunir contre la chaleur, consomme plus d’énergie électrique en été qu’en hiver. En France, en 2017, les ventes de climatiseurs ont augmenté de 8 %. Si l’on s’en tient à certaines prospectives, ce marché va connaître les croissances les plus fortes dans les prochaines années en Inde et en Indonésie, où il est prévu que le nombre de climatiseurs en service soit multiplié respectivement par quinze et huit entre aujourd’hui et 2040. D’après l’AIE (Agence internationale de l’énergie), le nombre de climatiseurs dans le monde va croître nettement dans les prochaines années, pour dépasser les 4 milliards d’unités vers 2040 et atteindre en 2050 les 5,6 milliards d’unités. Toutefois, il faut construire et distribuer ces machines, qui consomment de l’énergie et immanquablement polluent. Mais surtout, elles réchauffent à leur tour l’atmosphère ambiante, comme l’a montré Valéry Masson, chercheur à Météo France. Il précisait que, en cas de canicule sur Paris, l’utilisation de la climatisation pouvait faire augmenter la température de 2 °C.

Ainsi, pour résoudre les problèmes de surchauffe, on fait la promotion d’outils qui non seulement consomment de l’énergie, produisent des pollutions et des déchets, mais en plus ne font qu’accélérer les dysfonctionnements atmosphériques. Plus on a chaud, plus on se rafraîchit, plus on consomme et plus il fait chaud. Mais ce n’est le fait de personne. Le cercle vicieux est bien huilé, jusqu’au moment où toute la maison aura été détruite, et à ce moment-là on ne pourra plus chanter.

 

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DE L'ASSOCIATION
PEAL

Chargée d’étude :
Corinne Berger
: Juriste

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Nathalie Chabaud :         Psychologue
Yves de Ribaupierre :     Physiologiste
Jean-Luc Roques :         Sociologue
Rémy Roussille :            Occitaniste
Catherine Meyer (USA) : Linguiste

 

        LIVRE       

Dans l ombre de la ruralite 2  DANS L'OMBRE DE LA RURALITÉ 
  … Entre mélancolie et résistance  


Corinne Berger, Jean-Luc Roques

Cet ouvrage traite d’un objet souvent oublié, celui des petites communes rurales isolées. Comment ces entités vivent-elles les bouleversements contemporains ? Afin d’en comprendre la dynamique, l’étude s’appuie sur des entretiens réalisés auprès de secrétaires de mairie qui ne sont pas originaires des lieux. Si, au début de leurs expériences, elles découvrent des paysages, des ambiances, des solidarités entre les habitants, assez vite, d’autres réalités s’offrent à elles. La communauté villageoise se heurte à des difficultés tant dans la vie quotidienne que dans la gestion communale. Le malaise s’installe et a des conséquences sur les relations sociales. Toutefois, afin de dépasser ces problèmes, les acteurs locaux ont recours à des pratiques particulières, comme des mises à distance, ainsi qu’à des formes de complaisance ou d’arrangements afin de conserver le pouvoir sur les lieux. Dès lors, ces communes tentent de résister, mais au prix de distorsions juridiques, morales et sociales.

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
9 rue Benjamin Franklin 66000 Perpignan Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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