A lire la lettre n du peal 10 LETTRE N° 42 : 15/06/2022 - FRONTIÈRES ET FICTION

Point de vue

Face à une inertie importante, le monde s’achemine vers une catastrophe écologique. D’ailleurs, le dernier rapport du GIEC de 2022 tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Les émissions de carbone nocives entre 2010 et 2019 n’ont jamais été aussi élevées. Les rapporteurs admettent que « c’est maintenant ou jamais » qu’il faut agir, puisque « nous sommes à la croisée des chemins ». Pour cela, ils préconisent quelques orientations. Les pays doivent rapidement revoir leurs politiques énergétiques et faire baisser l’utilisation des combustibles fossiles. Il est important de modifier les modes de vie et les régimes alimentaires, de changer les moyens de transport, de revoir l’isolation des habitations. Enfin, il est impératif de repenser intégralement l’espace urbain et favoriser l’émergence de « villes compactes ». Or par quel coup de baguette magique pourrions-nous sortir d’un tel marasme ?

Capture d e cran 2022 06 17 a 10 43 54Si l’on se concentre simplement sur cette idée de « ville compacte », quels en sont, en quelques mots, les grands principes ? Le but est, avant toute chose, d’éviter l’étalement urbain et de renoncer à construire des villes nouvelles. L’impératif est donc d’augmenter la densité de population, de desservir des quartiers à égale distance du centre, et ainsi de favoriser le déplacement pédestre. Tout cela devrait permettre de protéger les espaces naturels et de limiter la consommation d’énergie, source de multiples pollutions. Avant de poursuivre, il faut admettre que cette idée de ville compacte pose quelques interrogations. Si on évite qu’une ville s’étende, la population va progresser irrémédiablement et, mécaniquement, sa densité va s’accroître. De ce fait, l’urbanisation ne peut être qu’intensive. Il faudra détruire les petits immeubles ou les quelques maisons qui existent au centre-ville (voire dans les quartiers périphériques) et construire en hauteur. Il sera ainsi possible d’augmenter encore et encore le nombre d’habitants. Cependant, à vouloir construire toujours plus haut, le risque est que tout s’effondre.

Au-delà de ce point, qui reste tout de même conséquent, ce qui semble le plus perturbant, c’est surtout de regarder la manière dont a été conçu l’aménagement du territoire en France (ou dans d’autres pays). Il a été confié en grande partie aux communes, depuis les lois de décentralisation des années 1980, et a été élaboré de façon radicalement opposée à ce que proposent aujourd’hui le GIEC ou d’autres instances. En effet, des espaces naturels entiers ont été rongés, tout a été centré sur le transport automobile, avec comme conséquences non seulement de la pollution atmosphérique, mais aussi des déplacements pédestres totalement ridicules de la part des habitants. En effet, ceux-ci ne sont en moyenne que d’environ 500 mètres par jour. Quelle que soit la commune, du village à la grande ville, tout est constitué selon ce même schéma. Pourtant, la notion de « ville compacte » date du début des années 1970. Elle est donc bien antérieure à tout l’aménagement du territoire qui a été mis en place. Ce qui veut dire que, pendant près de cinquante années, on peut se demander quelle commune s’est véritablement emparée de cette idée, afin d’éviter les constructions anarchiques, la destruction des sols et les pollutions de l’air.  

Tout cela est dans le fond très affligeant, surtout que, dans le cas de la France, les villages et les villes (petites ou grandes) disposaient naguère d’un bâti relativement serré, voire compact. Il existait, de plus, un maillage important entre les diverses entités urbaines. Aujourd’hui, la plupart des communes s’étalent et continuent de le faire, tout en pleurnichant sur la difficulté de gérer cette situation et en se lamentant de la désertification de leur centre. Mais, pendant ce temps-là, d’autres constatent leur dépérissement et attendent leur fin.

 

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DE L'ASSOCIATION PEAL

Chargée d’étude :
Corinne Berger
: Juriste

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Nathalie Chabaud :         Psychologue
Yves de Ribaupierre :     Physiologiste
Jean-Luc Roques :         Sociologue
Rémy Roussille :            Occitaniste
Catherine Meyer (USA) : Linguiste

 

        LIVRE       

Dans l ombre de la ruralite 2  DANS L'OMBRE DE LA RURALITÉ 
  … Entre mélancolie et résistance  


Corinne Berger, Jean-Luc Roques

Cet ouvrage traite d’un objet souvent oublié, celui des petites communes rurales isolées. Comment ces entités vivent-elles les bouleversements contemporains ? Afin d’en comprendre la dynamique, l’étude s’appuie sur des entretiens réalisés auprès de secrétaires de mairie qui ne sont pas originaires des lieux. Si, au début de leurs expériences, elles découvrent des paysages, des ambiances, des solidarités entre les habitants, assez vite, d’autres réalités s’offrent à elles. La communauté villageoise se heurte à des difficultés tant dans la vie quotidienne que dans la gestion communale. Le malaise s’installe et a des conséquences sur les relations sociales. Toutefois, afin de dépasser ces problèmes, les acteurs locaux ont recours à des pratiques particulières, comme des mises à distance, ainsi qu’à des formes de complaisance ou d’arrangements afin de conserver le pouvoir sur les lieux. Dès lors, ces communes tentent de résister, mais au prix de distorsions juridiques, morales et sociales.

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
9 rue Benjamin Franklin 66000 Perpignan Courriel

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun
cas à l’environnement.

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